Kilien Stengel, Commissaire du salon

 

 

Kilien Stengel

 Il fit carrière en Relais & Châteaux étoilés Michelinbet fut hôtelier restaurateur, auditeur qualité pour le ministère du Tourisme, et professeur de gastronomie à l’Éducation nationale. En 2008, il intègre l’université de Tours à l’Institut Européen d’Histoire et des Cultures de l’Alimentation pour participer à l’inscription du « Repas gastronomique des Français » au patrimoine de l’humanité. Auteur de nombreux ouvrages, il intervient dans différentes émissions culinaires.  Il est commissaire du salon Festin d’Auteurs® depuis sa création, séduit par ce projet ambitieux d'un salon entièrement voué aux auteurs, qui conjugue exigence et chaleur humaine.

Le mot du commissaire

 

Cuisiner est un acte culturel, il lui faut certes de la créativité, en l’occurrence de la création à l’aide de savoirs techniques, mais aussi de la diffusion puisqu’une recette en définitive ne produit ses effets que si elle est mangée. Le savoir culinaire n’existe que s’il est à l’origine de l’acte nourricier offrant l’argumentation orale de ce que l’on mange par son vocabulaire. Construisant le discours gastronomique à l’aide d’un vocabulaire nationalisé et patrimonialisé, les nouvelles générations de cuisiniers ont le devoir de maîtriser la création culinaire par la création d’un nouveau vocabulaire culinaire. Si tant est que la cuisine devienne un jour une science ou un art à part entière, elle perdrait en finesse du secret chauvin et y gagnerait en communication vers l’étranger. Alors que la plus propice des définitions gustatives ou olfactives relève certainement de l'intime, tel l’arôme d’un vin paillé corrézien qui rappelle peut-être le souvenir d’un week-end à Festin d’auteurs, chacun trouve grâce aux mots sa madeleine de Proust. L'esprit, dans son analyse des sensations, sait aller au-delà des mots, afin de voir ce qu'il y a au-delà de cette pensée étrange, employant les termes simplistes ou techniques qui viennent à nous lorsque l’on déguste un vin ou un mets. L’esprit interprète et symbolise notre pensée gustative, parce qu'il est ouvert à l’incompréhensible. Si la dégustation a besoin d'autre chose que les terminologies livresques et listes d’adjectifs, tellement nombreux dans les ouvrages présents à Festin d’auteurs, pour exister et donner du plaisir, est-ce à dire pour autant que nous n’ayons pas besoin d’appréhender du vocabulaire gastronomique ? Bien évidemment, nous en avons besoin ; un besoin et un plaisir à la fois. Les mots entre eux forment l’unique outil qui permet de se représenter et projeter sa pensée gastronomique afin d’échanger avec autrui.

Kilien Stengel, auteur, universitaire et commissaire de Festin d’auteurs

 

 

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